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Culture: la Villa Féron ou la dernière insulte faite à Victor Horta

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Maître incontesté de l’Art nouveau, l’oeuvre de Victor Horta (1861-1947), n’en n’a pas fini de subir  les avanies de sa terre natale. L’architecte belge le plus connu de son époque, est sans nul doute le plus maltraité du plat pays. La Belgique n’a eu de cesse de mettre à mal l’héritage de ce colosse de l’architecture, renouvelant l’épisode comme autant de séries noires. Le nouveau chapitre en date est le sort « funeste » réservé  à la Villa Féron (1904), menacée par un permis de démolition. En effet, l’Agence flamande a fait tomber le couperet, estimant insuffisants les éléments et vestiges dit d’époque. Les conditions sine qua non du classement du bien, ne seraient donc pas réunies. Dont acte! Casse-tête à la sauce belge, la même Agence Flamande, à tout de même déposée un recours suspensif auprès de la Province du Brabant flamand pour geler l’avis de démolition. Quid donc de l’intervention du ministre-président de la même région M.  Geert Bourgeois, seul à pouvoir émettre un arrêté de protection de la Villa Féron. Compliqué non?! Si l’on sait que ce dernier suspend son avis à celui de la Province. Vous n’y comprenez déjà plus rien, à vrai dire nous non plus, si ce n’est que l’issue de cette (triste) histoire, prendra fin en mai prochain. Avant d’aller plus avant, revenons sur la Villa Féron. Cette demeure réalisée par Victor Horta en 1904, est une maison cossue aux dimensions confortables (650 mètres carrés), située dans un écrin de verdure. Le comble est que l’édifice fut entièrement rénové il y 8 ans de cela et qu’il représente une rupture et donc un renouveau dans l’oeuvre de Victor Horta. Alors pourquoi tant de débats sur le devenir de ce bien? Il s’agit d’une propriété privée d’une valeur de 4,3 millions d’euros. Nouvellement acquise, la maison située à Rhode-Saint-Genèse, est visée par un permis de démolition délivré par la commune aux nouveaux propriétaires. Si Victor Horta a fait les grandes heures d’un pays alors conquérant et fut titré baron par le roi Albert Ier des Belges en 1932, ce génie de l’architecture s’est éteint dans l’indifférence quasi générale de ses contemporains en 1947. Depuis, l’histoire n’a cessé de livrer son travail à l’oubli. En effet, plus de 40 % de ses réalisations furent détruites ou livrées à l’abandon, prouvant que nul n’est prophète en son pays. L’on ne compte plus, les ferronneries, vitraux, bâtiments publics et/privés à jamais perdus. Ironie du sort, le Musée d’Orsay à Paris conserve les boiseries et le mobilier de l’Hôtel Aubecq et la collection Art nouveau constituée en Belgique par le baron et la baronne Gillion-Crowet. La question de conserver la Villa Féron en l’état dépasse évidemment la commune de  Rhode-Saint-Genèse et le Brabant Flamand, pour s’imposer à la Belgique même. En effet, les édiles du royaume vont-ils enfin comprendre qu’il s’agit là de travailler à la préservation de l’oeuvre d’un artiste majeur qui a participer à la grandeur et à l’émancipation culturelle du pays? Source: www.lesoir.be/Crédit photo: © Vlaamse gemeenscha




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