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Culture: l’Etat français a perdu 23 000 œuvres d’art

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Ambassades, ministères, préfectures, sous-préfectures, Assemblée nationale et autres consulats, semblent atteints par une curieuse maladie que l’on pourrait nommer, syndrome du « Triangle des Bermudes ». Si un comité Théodule (cf: le général de Gaulle), pardon un comité est chargé de veiller à la bonne tenue du Mobilier national et au patrimoine y affairant la France semble inapte face à la disparition de milliers d’oeuvres appartenant à l’Etat, donc à vous et moi chers concitoyens. En effet, pas moins de 23 000 oeuvres (sur les 430 000 mises à disposition par l’Etat) ont disparu, et se sont bel et bien envolées du patrimoine commun. Ainsi, des tableaux, objets archéologiques, des tapisseries, des services de Limoges et de Sèvres, du mobilier signé, se sont faits la malle des collections dont l’Etat à la charge, sans que cela n’émeuvent  – quasiment – aucun haut fonctionnaire ou petit gratte papier en charge de cette administration. L’ironie veut que certaines pièces réapparaissent au gré de la bonne volonté d’antiquaires qui reconnaissent sur certains lots (vendus aux enchères) la mention IA M70 pourvue du bonnet phrygien, signe qu’il s’agit d’un objet appartenant au Mobilier national, ce qui d’après ces professionnels est loin d’être rare. On a même vu un tableau de très grande valeur atterrir chez Sotheby’s! Quid donc de l’efficacité des fonctionnaires chargés du récolement, c’est-à-dire, de vérifier que telle ou telle pièce est à sa place au bonne endroit? Sont ils capables de constater que certaines oeuvres ou biens sont manquants? Ainsi, l’Etat a créé dans les années 90, la Commission de récolement des œuvres d’art de l’Etat (CRDOA), suite à un rapport carabiné de la Cour des comptes, qui déjà pointait les manquements quant à la gestion du patrimoine culturel national. Dotée d’une base baptisée Sherlock (comme quoi on ne manque d’humour dans l’administration), celle-ci contient les 23 000 œuvres « manquantes » voire volées.  Les béotiens se ficheront éperdument qu’un Sèvres, ait disparu, toutefois, ces biens participent de la conservation de notre histoire, de son témoignage et du rayonnement de notre pays. Alors dans un pays – royalement – pourvu en fonctionnaires dédiés comment se fait-il que 90% des oeuvres et biens disparus concernent les institutions qui en ont la charges? Comment éviter la mise à l’index du Mobilier National, du Centre national des arts plastiques et du Service des musées de France, qui sont concernés par  9 cas sur 10 des disparitions. Et ne croyez pas que cette hémorragie ne concerne que les ministères, ambassades et autres préfectures qui tiennent le haut du pavée – restons courtois – de la disparition d’oeuvres, le château de Versailles et le Palais Bourbon sont  – eux aussi – atteints par cette curieuse maladie. L’anecdote veut que le Sénat qui abrite des annexes de Versailles, ait ainsi constaté la disparition (en 2010) d’un lit en acajou signé par l’ébéniste Georges-Alphonse Jacob-Desmalter… A l’Assemblée nationale, c’est une bergère en acajou ciré, signée par François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter, qui a pris la poudre d’escampette en 2003. Si d’autres lieux de la République semblent moins prestigieux, sachez que Paris et sa concentration d’institutions tient la première place pour ces disparitions et que Strasbourg arrive en deuxième position! L’Etat étant imaginatif, il a créé l’expression: « non vues, présumées détruites ou volées », pour justifier de la perte de pièces de ses collections. Alors, nos ministères n’auraient-ils pas les moyens ou bien l’envie de se soucier que les biens alloués aux administrations de tutelles soient à leur place? Nous aurons ici eu la politesse de passer sous silence, le fait de grands commis de l’Etat aient confondus le bien commun avec le leur…




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